Le Blog de Venaïg

14 novembre 2017

Ce truc qui cloche chez moi

Mon absence de réalisation personnelle, alors que je voyais tout le monde autour de moi progresser socialement et réussir sa petite ascension sociale, grimper les échelons dans son travail alors que je quittais le mien pour la enième fois, a finalement fini par me pousser à une sérieuse remise en question.

J'avais pris très tôt le parti de rire de mes échecs et de les présenter sous la forme d'anecdotes amusantes que je mettais en avant comme si ces contre-performances pouvaient avoir valeur de prouesse par leur côté inattendu ou décalé, d'autant qu'on peut trouver une certaine esthétique aux gamelles les plus spectaculaires, mais il ne faut jamais croire quelqu'un qui dit rire de ses échecs.

Il ment forcément.

Aux autres, et parfois à lui-même.

Je n'ai jamais été complètement dupe, mais tant que je réussissais à donner le change, je tenais bon. Tout s'est gâté lorsque je me suis retrouvée à la traîne. Quand je n'ai pas pu accompagner les amis au Brésil, parce que les petits boulots permettent la survie, mais pas la grande vie. Parce que le regard des autres, qui s'embourgeoisaient au fil des ans, me renvoyait de plus en plus souvent une image peu glorifiante. Parce que je roulais dans une voiture qui les faisait rougir pour moi. Parce que je n'achetais pas de maison et encore moins de résidence secondaire. Parce que je ne partais même pas en vacances.

J'ai surpris un jour une amie me qualifier, auprès de quelqu'un qui l'interrogeait sur moi, de "surdouée en rupture sociale". Quand je l'ai sommée de me donner des explications, elle m'a dit qu'il leur était évident, à tous, que j'avais un gros potentiel, mais que personne n'avait jamais compris comment j'avais fait pour en arriver là, ou plutôt pour n'arriver à rien, parce que je n'avais pas vraiment évolué depuis les années universitaires, continuant à vivre d'expédients quand tout le monde était passé depuis très longtemps à un mode de vie qu'elle a qualifié d'adulte. Que si beaucoup avaient pris de la distance avec moi, c'était pour cette raison. En gros, j'étais un peu le cas social de la bande, mais la tolérance bienveillante et amusée des années étudiantes avait peu à peu laissé la place à des désirs de paraître social dans lesquels je n'avais plus aucune place.

A la suite de cet épisode, j'ai fait un test de QI, qui m'a définitivement fait entrer dans cette catégorie abusivement qualifiée de surdouée, la preuve en est, moi, avec mon gros QI, et ma CSP inversement proportionnelle.

Mais je n'ai toujours pas compris ce qui cloche en moi.

Et je continue à rater tout ce que j'entreprends sans jamais réussir à comprendre pourquoi je n'arrive ni à anticiper l'échec, ni à identifier et contourner les difficultés rencontrées avant qu'elles ne deviennent insurmontables.

Et je reste prisonnière de mon rôle de clown détaché des réalités sociales, mû par des choses incompréhensibles, hermétique aux aspirations sociales normales.

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05 octobre 2017

Qu'ai-je fait de ma vie ?

Nous discutions à bâtons rompus depuis un moment déjà, et je me sentais à l’aise avec lui donc je ne me censurais pas. Mais au bout d’un moment il a stoppé la conversation et m’a regardé en silence avant de froncer les sourcils et de secouer la tête d’un air perplexe en me disant "Je ne comprends pas comment, avec votre intelligence et votre culture vous n’ayez rien fait de votre vie".

Il s’est alors rendu compte de ce qu’il venait de dire, s’est confondu en excuses bidons genre c’était pas ce qu’il voulait dire, bla, bla, bla, j’ai fait un grand sourire pour le rassurer, et nous avons embrayé sur autre chose.

Je ne sais pas pourquoi, à vrai dire, pourquoi ma vie n’est qu’une suite d’épisodes médiocres et de ratages épiques. J’avoue me poser régulièrement la question sans trouver l’ébauche d’une réponse. Toutefois, ce n’était pas avec lui que je souhaitais développer la question.

Cela dit, depuis cet épisode, la question en question me hante, j’en ai même rêvé cette nuit. Comme si le fait qu’un quasi étranger aborde ce problème en avait fait une réalité…

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10 août 2017

les équinoxes ne sont plus ce qu'elles étaient

Mi-août.

Les orages vespéraux qui abrègent nos dîners en extérieur, les araignées qui commencent à rechercher la douceur de nos foyers, les amis pour qui les vacances sont presque toutes soit terminées, soit en passe de l'être, les premiers points sur les fournitures de rentrée pour les plus consciencieuses, les pulls qui repointent le bout de la maille...

Mi-août.

DÎner d'anniversaire en terrasse.

"Les équinoxes et les solstices", ai-je lancé en refermant la porte sur les trombes d'eau qui venaient de nous contraindre à un rapatriement d'urgence dans la salle à manger, "c'est complètement surfait."

Contre toute attente, j'ai eu un véritable succès en démontrant que les saisons s'étaient décalées par rapport au calendrier, et qu'il était temps de procéder à un réajustement des dates par rapport aux réalités climatiques.

Nos débats nous ont anemés à convenir des dates suivantes, avec prise d'effet immédiat :

automne : 21 août
hiver : 21 novembre
printemps : 21 février
été : 21 mai

Nous avons encore à débattre de l'opportunité de lancer une pétition en ligne pour défendre notre projet.

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06 août 2017

Présentation

Bonjour ô lecteur égaré.

Qui suis-je ? Je m’appelle Venaïg.

Jusqu’à la fin de l’école primaire, j’étais une enfant heureuse et sans problèmes. Ou presque, puisque j’avais déjà tendance à attirer les chercheuses d’histoires, mais de manière anecdotique.

Au collège, les ennuis ont commencé : les faiseuses d’histoires m’ont témoigné un intérêt dont je me serais bien passé, et les autres ont commencé à éviter ma compagnie : ils me trouvaient BIZARRE, COMPLIQUEE.

Il m’a fallu attendre l’université pour que des âmes bienveillantes me trouvent DECALEE, ce que je trouvais beaucoup plus sympathique, même si par ailleurs on le voyait traduire par MARGINALE, TRANSGRESSIVE, et que les copines étudiantes en psycho me classaient selon le jour et leur humeur dans les ETATS LIMITES, ou parmi les personnalités SCHIZOÏDE, ou MANIACO-DEPRESSIVE.

Une fois arrivée dans le monde du travail, on m'a beaucoup moins qualifiée sur le plan personnel ; je n’ai jamais vraiment réussi à me rapprocher de mes collègues. Mais on m’a accolé les douces épithètes de PERFECTIONNISTE, STACKHANOVISTE, OBSESSIONNELLE et last but not least, CARACTERIELLE.

Quand j’ai cherché à comprendre pourquoi les autres évitaient si soigneusement ma compagnie, on m’a laissé entendre que j’étais FROIDE, DISTANTE, ENNUYEUSE, DIFFICILE A CERNER, ETRANGE.
Bon. J’avoue. Je connais les règles de sociabilité nécessaires à une bonne intégration dans un groupe. Mais à la différence des autres, l’application de ces règles n’est pas spontanée, elle me demande beaucoup d’énergie et me sont impossibles à maintenir au-delà de quelques heures par jour. Je fais donc souvent le choix de m'abstenir.

Aujourd’hui, je me lance dans la grande aventure blogosphérique, avec l’idée de rencontrer peut-être des personnes qui me trouveront normale et partageront mes centres d’intérêt.

A ceux (y en a-t‘il seulement un ???)  qui sont arrivés à ce point de lecture et ne sont pas horrifiés par ce portrait :

BIENVENUE SUR MON BLOG

Posté par Venaig_ à 14:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]